Remise de la Légion d’Honneur

Au cours d’une cérémonie spéciale à la Résidence de l’Ambassade de France à Montevideo, S.E. M. Jean-Claude Moyret, Ambassadeur de France en Uruguay, a remis a les insignes de Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur à SAS Princesse Laetitia d’Arenberg. (24 septembre 2009).

Discours de S.E. M. Jean-Claude Moyret, Ambassadeur de France en Uruguay.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour un événement exceptionnel : la reconnaissance par son pays, la France, des mérites exceptionnels de Laetitia de Habsbourg-Lorraine, née de Belzunce d’Arenberg, à travers la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est pour moi un honneur particulier d’avoir été choisi par la Princesse pour lui remettre cette distinction.

Cette cérémonie est amicale certes mais aussi par nature éminemment officielle. Aussi, il m’est très agréable de la placer sous le parrainage JPEGd’une importante délégation du Sénat français, en visite en Uruguay en tant que représentant du groupe d’amitié France Pays du Cône Sud.

Présidée par le Sénateur du Département du Tarn, M. Jean-marc Pastor, elle comprend le Sénateur Gérard Miquel du Département du Lot, le Sénateur Rémy Pointereau du Département du Cher, le Sénateur François Fortassin du Département des Hautes Pyrénées et la Sénatrice Annie Jarraud-Vergnolle du Département des Pyrénées-Atlantiques . Ils sont accompagnés de M. Louis Marcel Garriga, Directeur–adjoint au Secrétariat Général de la Présidence du Sénat.

Le hasard fait bien les choses puisque trois de nos sénateurs dont le Président Pastor sont des agriculteurs, et donc particulièrement avertis des questions agricoles et d’élevage, qui constituent une des grandes activités de Laetitia d’Arenberg avec son estancia Las Rosas ou encore avec la Pataia.

JPEG

J’avoue avoir quelques réticences à retracer l’itinéraire de Laetitia d’Arenberg, car tout le monde ici la connaît et connaît son action. Si je le fais c’est parce que c’est l’usage tout d’abord, et aussi parce que l’octroi d’une telle distinction vise à resserrer officiellement les liens naturels de la récipiendaire avec sa patrie d’origine, la France, où son action est, du fait de l’éloignement géographique, naturellement moins connue. Laetitia d’Arenberg est en France connue surtout par ses titres et sa famille. Il convient de reconnaître maintenant l’ensemble de sa trajectoire professionnelle et personnelle.

Laetitia d’Arenberg est la française la plus connue d’Uruguay, et du cône sud, depuis plusieurs décennies. Elle appartient de fait, même si elle s’en défend, à la jet set internationale. Elle aurait pu continuer à se mouvoir exclusivement dans ce cercle sans exercer aucune activité professionnelle ou philanthropique. Il n’en a rien été.

JPEG

Laetitia d’Arenberg est la fille du marquis de Belzunce qu’elle n’aura pratiquement pas connu, car celui-ci meurt en héros pour la France, le 13 mai 1944, lors de la terrible bataille de Monte Cassino. Sa mère se remariera avec le Prince d’Arenberg qui l’adopte avec son frère et lui donne son nouveau titre. Elle poursuit sa trajectoire sociale en épousant en 1965, le Grand Duc de Toscane Leopold de Habsbourg-Lorraine, dont elle a deux enfants, Sigismond et Gontrand que beaucoup ici connaissent du fait de son installation à Punta del Este.

M. Ramiro Rodriguez Villamil, président de la Sociéte Française d'Enseignement ; SAS Princesse Laetitia d'Arenberg - JPEG

Punta del Este et l’ Uruguay. Vous y arrivez encore enfant en 1950 avec vos parents qui, inquiets de l’évolution de la situation internationale, du fait de la guerre de Corée, souhaitent s’éloigner d’Europe. Ils ne savent pas que vous allez tomber éperdument amoureuse de ce pays. Vous refuserez toujours de le quitter pour retourner sur le vieux continent, sauf pour de courtes périodes.

La première partie de votre vie est très brillante, entourée de fêtes et de stars. Mais déjà c’est une vie utile. Par votre rayonnement vous contribuez de manière décisive à la transformation de ce petit village perdu, dont vous avez aujourd’hui la nostalgie, dans la grande station balnéaire du sud du continent américain, station moteur du tourisme uruguayen qui est avec l’agriculture un des piliers de la prospérité du pays.

M. Héctor Lescano, Ministre du tourisme et des sports ; SAS Princesse Laetitia d'Arenberg - JPEG

Déjà, comme adolescente, vous participiez à l’accueil des personnalités du festival de cinéma. Puis, avec votre frère, vous attirez à Punta del Este l’élite fortunée d’Argentine, et après votre mariage, la jet set internationale. Vous n’avez jamais arrêté de promouvoir Punta del Este, à tel point que vous avez été choisie avec unanimité comme la marraine du centenaire de la station en 2007.

Vous rappelez souvent que votre famille a des liens séculaires avec la terre, notamment en Touraine, berceau de votre famille maternelle. Est-ce ceci qui vous a poussée dans une nouvelle direction de votre vie quand vous décidez en 1978 de vous lancer avec l’aide de votre père adoptif dans l’élevage en achetant une petite estancia, los fresnos ?

S.E. M. Geoffrey Barret, Chef de la délégation de la Commission de l'UE en Uruguay ; SAS Princesse Laetitia d'Arenberg - JPEG

Vous vous agrandissez avec Saint Thomas et surtout en 1988 avec l’achat de la propriété dont vous rêviez depuis des années, las Rosas. A partir d’une estancia relativement modeste, vous bâtissez une entreprise de grande qualité spécialisée dans l’élevage de très haut niveau, qu’il s’agisse d’ovins, de bovins ou de votre passion, les chevaux arabes. Vous gagnez de très nombreux prix nationaux et internationaux dans les grands salons de l’agriculture, encore la semaine dernière à l’exposition rurale de l’Uruguay avec la race hollandaise ou la race île de France. Cette année aussi, vous gagnez le premier prix des embryons à la foire internationale de Calgary au Canada.

Vous fabriquez également des aliments de très haute qualité pour animaux. Vous reprenez depuis peu une des principales entreprises laitières et touristiques de Punta del Este, la Pataia. Vous représentez aussi en Uruguay les intérêts de Mitsubishi.

JPEG

On dit souvent que les hommes et les femmes d’affaires sont endurcis par leur métier et peu enclins à l’engagement social. Vous êtes, chère Laetitia, le vivant exemple du contraire. Dès votre jeunesse, vos parents vous incitaient à aider autrui, que ce soit dans les hôpitaux, les prisons, partout où les hommes et les femmes souffrent. A cette éducation familiale s’ajoute un drame personnel car vous avez souffert pendant plusieurs années, à la fois d’une grave maladie et d’une dépendance à l’égard de l’alcool dont vous sortirez avec beaucoup d’efforts. Cela vous rend particulièrement sensible aux ravages de la drogue et notamment de la pire d’entre elles, la pasta base. Pour cette raison, au milieu d’innombrables activités de bienfaisance, je voudrais souligner votre action résolue en faveur de l’association RENACER, consacrée à l’accueil de jeunes drogués arrivés à des solutions quasiment désespérées. De même, comment ne pas mentionner votre aide spéciale aux organisations destinées à sortir de leur environnement les enfants de la rue.

De façon générale, toute personne, toute association, qui vise à améliorer la situation des plus démunis trouve toujours auprès de vous écoute et soutien. Il en est de même pour tous ceux qui ont un projet visant à donner à l’Uruguay une image positive dans quelque secteur d’activité que ce soit.

J’aimerais conclure en mettant en avant deux de vos caractéristiques personnelles ; votre amour pour l’Uruguay tout d’abord. Si vous n’avez jamais renié ni oublié la France que vous avez quittée si jeune (et vous n’y êtes pas née puisque vous êtes née au Liban où votre père était militaire) vous êtes tombée amoureuse de l’Uruguay, de sa façade maritime certes comme je l’ai dit mais surtout de son campo et des habitants de l’intérieur du pays dont vous appréciez tant les qualités humaines. Tous ceux qui ont vu le film qui vient de vous être consacré « Laetitia, Princesa Gaucha » ont pu vous voir galoper dans ces champs uruguayens où votre âme s’est enracinée. A tel point que le Gouvernement de l’Uruguay a acheté les droits du film, y voyant un formidable outil de promotion culturelle, économique et touristique de ce pays.

Ensuite et enfin, comment ne pas évoquer la Princesse courage, faisant face debout à la plus cruelle adversité. Je vous ai vu, nous avons tous vu, réagir immédiatement et sans aucune faiblesse au dramatique accident intervenu en janvier 2008 à Punta del Este, qui a quasiment tué votre fils Gontrand. Peut-être un miracle et en tout cas votre incroyable volonté de lutter contre la destinée et contre la mort, ont permis finalement de le sauver et de réduire, autant que faire se peut, les séquelles de ce terrible accident.

Vous avez pu mesurer, à cette occasion, l’extraordinaire mouvement de soutien et de sympathie qui s’est développé en Uruguay pour vous appuyer dans cette épreuve. Au premier de ces soutiens, je voudrais saluer votre fidèle compagnon de plus de 20 ans, John ANSON, présent aujourd’hui.

Laetitia d’Arenberg,

Pour votre activité inlassable dans le secteur agricole où vous avez recherché et atteint l’excellence,

Pour votre contribution au rayonnement touristique de l’Uruguay,

Pour votre dévouement en faveur des plus démunis,

Pour votre soutien indéfectible aux activités françaises et de l’Ambassade de France en Uruguay,

Enfin, pour votre rôle central dans le renforcement permanent des liens historiques qui lient votre patrie d’origine, la France, et votre patrie d’adoption, l’Uruguay,

J’ai l’honneur de vous remettre , au nom du Président de la République française, les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 10/08/2016

Haut de page